Bravo pour ce blog. C'est effectivement lamentable de travailler dans des labos dans cet état...et tellement vrai pour de nombreux autres labos... A la fac de médecine ou je donnais des cours l'année dernière, on se croyait des fois dans une unité de recherche soviétique....
Dans les labos de biologie ce n'est pas vraiment mieux..
Bon courage pour obtenir des € et en espérant que ca ne traine pas trop pour ne pas pénaliser les étudiants!
Commentaire n°1
posté par
Amaury
le 22/02/2007 à 13h49
Voilà déjà une semaine que nous sommes dans l'impossibilité de manipuler. Depuis aucune information à part dans les journaux où aucunes solutions concrètes et aucun délais ne nous sont annoncés, que du vent. Comment replacer 400 chercheurs dans un délai court et OU?
on attends des réponses !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
En espérant que l'AG de lundi prochain répondra à nos questions.
Commentaire n°2
posté par
metay
le 22/02/2007 à 16h18
Bravo pour le blog!
j espere que vous obtiendrez de l argent car il est vital pour nous chimistes de travailler dans des bonnes conditions. Je suis un ancien stagiaire de votre UMR et en ce moment j effectue ma these dans une universite du nord de l europe... Ayant fait tout mon cursus de chimie a lyon je ne savais pas en arrivant en Ecosse qu un labo ne sentait pas forcement l odeur des solvants de facon residuelle (et ce n est pas parce qu on est jamais a la paillasse!!). Que l etat n a pas les moyens de nous acheter la derniere chromatographie preparative ou rmn disponible sur le marche d accord mais qu il joue avec notre sante... c est lamentable. je suis fiere de dire que je suis un produit de la chimie lyonnaise alors dirigeants qui detiennent les euros... ne soyez pas radin merci!!!
Commentaire n°3
posté par
Lamarque
le 22/02/2007 à 16h21
Bonjour à tous,
Très bonne idée que ce blog, pour faire passer la nouvelle. Votre situation est plutôt hallucinante et j'espère que ça bougera dans le bon sens =/ Au niveau de la chimie sur Strasbourg, on n'a pas ces soucis, différences de politique au niveau de la getion j'imagine, et lire ce genre de nouvelles me fait sentir assez chanceux...
Courage à vous!
Commentaire n°4
posté par
Guillaume H
le 23/02/2007 à 11h55
Eh oui, merci pour ce site qui décrit une situation aux frontières du réel... Comme il est utilisé dans l'introduction, l'immobilisme est le mot qui explique le mieux la cause réelle du désarroi dans lequel se retrouvent l'ensemble des chimistes (permanents et étudiants) de Lyon 1. Comme vous l'avez lu peut être sur un autre blog, eh bien les permanents n'ont jamais rien dit car ils tiennent à leur place, les thésards à leur thèse (il est déjà difficile d'en trouver une, alors n'allons pas gacher les trois ans dont ils disposent pour fournir un travail conséquent), et les stagiaires n'ont malheureusement aucun poids. Cependant, tout le monde connaissait l'état des batiments (sans avoir besoin d'un cabinet d'expertise), certains ont essayé de se faire entendre à différents niveaux, mais ils n'ont malheureusement pas eu le soutien qui aurait fait bouger les choses depuis quelques années (quand on ne leur a pas demander de se taire....). Ajouter à celà que nous n'avons eu des informations qu'aujourd'hui, soit presque une semaine d'attente, et encore, ces informations ne résolvent pas la situation incertaine dans laquelle nous sommes tous. Certes, les batiments vont subir un état des lieux approfondis, mais que va-t-on faire des gens qui y travaillent (travaillaient ?) : ça n'aurait aucun sens de faire reprendre le travail dans des conditions identiques, mais alors ? L'université aurait-elle le luxe de financer d'un côté des loyers (qui devraient être exhorbitants d'ailleurs) et de l'autre financer la rénovation que tout le monde espère ? Non, un simple bricolage (c'est à dire des sorties par l'extérieur) ne serait pas la meilleure solution : ça ne ferait que retarder le problème : l'ensemble des structures est à revoir (si on prend le temps de lire en détail les conclusions des rapports) : oui, il est dit qu'une rénovation en l'état est difficilement envisageable. De plus, elle engendrerait des coûts qui pourraient être à mon avis mieux utilisés si une solution sérieuse et globale (et surtout à long terme) était choisie. Mais on en revient toujours au même : et alors, que vont faire les chimistes en attendant ? Les financement dont disposent les thésards sont des CDD, certains par des organismes extérieurs qui ne vont pas gentiment payer dans le vent en attendant que tout le monde soit recasé. Alors nous espérons tous avoir des réponses concrètes lundi, alors on va être naïf et croire ce qu'on nous dit, mais je doute qu'on soit plus avancé alors...
Commentaire n°5
posté par
Etudiant
le 23/02/2007 à 15h47
Je profite de cet espace de communication pour jeter un pavé dans la mare.
Il me semble que l'heure est aussi à l'autocritique. Comment en est on arrivé à cette situation? Quels en sont les responsables? Comment se fait il, qu'il faille attendre que ce soit la présidence de l'université qui prenne une telle décision? C'est trop facile de dire que c'est la faute aux autres.
Il apparait que les chefs d'équipe et directeurs d'UMR sont en partie aussi responsables de cette situation, car ils n'ont pas pris la décision de protéger leur personnel bien avant. De manière générale, des gens qui se disent responsable doivent se préoccuper, avant toute chose, de la sécurité du personnel qui travaille pour eux et le manque de moyens financiers n'a jamais été une raison valable pour outrepasser les règles élémentaires de sécurité (et encore moins devant un tribunal).
L'état déplorable des bâtiments date depuis des années. Alors, on peut se dire pourquoi changer les choses? Finalement, on peut continuer à travailler dans ces conditions, c'était comme cela avant.
Ceci est une attitude d'irresponsables, ou alors, de personnes qui ne pensent qu'a leur propre carrière. Les gens manipulent dans de dangereuses conditions, mais les publications sont là, surtout pour ceux que ne sont pas dans les laboratoires.
La société change, les lois sur la sécurité évoluent aussi, alors pourquoi les conditions de travail ne changeraient elles pas dans les laboratoires de chimie?
Tout cela pour dire qu'il ne faudrait pas que la montagne accouche d'une petite souris: il faut que les choses changent vraiment, une bonne fois pour toute.
Après quelques semaines d'attente, j'ai bien peur que la solidarité de façade des chimistes ne s'effrite pour que chacun règle son problème dans son coin, ou retourne à son travail en se disant que finalement, ses expériences sont moins toxiques ou moins dangereuses que celles de son voisin, et que finalement, il n'y a pas de raison pour qu'on arrête de travailler.
Dernière précision, même l'introduction de ce blog me semble de l'aveuglement. Sans les guerres internes, Lyon aurait déjà depuis longtemps son véritable institut de chimie organique avec de nouveaux locaux, comme cela est déjà le cas dans plusieurs autres villes de France (preuve que cela est possible).
Merci
Bon courage pour la suite…
Commentaire n°6
posté par
didier
le 23/02/2007 à 19h08
Eh bien félicitations au commentaire précédent : celà traduit ce que pensent la majorité des personnes privées de laboratoire... Il fallait avoir le courage de le dire clairement...
Commentaire n°7
posté par
Etudiant
le 23/02/2007 à 19h58
on est lundi la réunion est passée !
alors passons nous aussi sur les mesures surréalistes de déménagements chez des partenaires industriels ou publics qui ne sont meme pas tous au courant... passons aussi sur les propositions de mutualisation des 5eme ce qui a du ravir leurs occupants et pose de sacrés pbs pour leurs manips "lourdes" indéplaçables...
je ne passerais par contre pas sur leur glorification de réactivité ! suite à plusieurs signaux d'alarmes tirés par les occupants du 3eme étage Raulin, 2 bureaux ont été fermés pour cause d'odeurs suspectes... des capteurs ont été placés et on a fait arreter certaines manips "suspectées" du batiment... puis on a fermé le demi étage (le jour de la visite de Segolène Royal dans le demi étage encore ouvert, ca le fait) puis l'etage entier (entre le 1er et le 8 Mai 2006) résultat : RIEN ! beacoup de pics mais pas de trace d'un quelconque produit majoritaire ou supposé toxique y a fort à parier que les analyses d'air actuellement en cours vont reveler la meme chose !
mais au final on cherche quoi ? si on suppose la presence d'un produit dans l'air, pourquoi autoriser l'acces aux locaux au personne ? en cas de doute, on ferme, on ventile, on prélève et on equipe convenablement de masques les gens qui ont à y pénétrer ! evidement qu'on ne trouvera rien ! sinon imaginez la plainte qui serait déposée par le personnel des étages en question... mise en danger ? empoisonnement ? la fermeture de mai dernier suffit à prouver que la présidence etait au courant, et on sait désormais que les produits mis en cause à l'époque proviennent du batiment tout entier !
et ensuite ? quand j'irais creuser joyeusement ma tombe et le trou de la sécu avec un éniemme cancer professionnel, j'espère au moins qu'on evitera de mettre du parfum artificiel bien chimique sur les fleurs de ma courronne en plastique... et dire que je voulais juste changer le monde...
Commentaire n°8
posté par
FD
le 26/02/2007 à 16h49
Je suis actuellement en 1ère année de thèse en chimie à lyon et j'ai de moins en moins confiance en l'avenir... L' AG d'hier nous a confirmé que nous (les thésards) ne sommes absolument pas une priorité pour l'équipe présidentielle!!
Les solutions proposés sont irréalistes : -la mutualisation du dernier étage permettra de faire redémarrer moins de 10% des manips (si tt le monde arrive à s'arranger et j'en doute) et ce dans une dizaine de mois au mieux!! -le déménagement de certaines manips vers l'IUT et Grignard n'amenera pas plus de sécurité -le déménagement vers l'IRC serait minuscule (il n'y a pas bcp de place là bas non plus) -seul le déménagement dans des locaux industriels est (à mon avis) une solution envisageable et encore, à condition d'avoir les moyens et c'est pas gagné!!
Ceci pour dire que, meme si la durée des thèses est de trois ans pour presque tt le monde, on va perdre au moins un an de manip. (certainement plus), la prolongation des contrats de quelques mois est loin d'être automatique (en tout cas certainement pas pour tout le monde). Et encore, je ne suis pas le plus à plaindre, mes collègues de 2ème année sont dans une situation bien pire!!! Donc nous allons nous retrouver sur le marché du travail avec une thèse complètement dévalorisée (si on peut la terminer) mais bon, ce n'est pas une priorité.....
Commentaire n°9
posté par
olivier
le 27/02/2007 à 11h17
Je voudrais profiter de l'ouverture de ce blog pour apporter mon témoignage et faire part de mes réflexions sur les problèmes de sécurité dans les laboratoires universitaires de chimie.
Cela fait maintenant 11 ans que travaille dans ce milieu professionnel. J'ai commencé en 1995 avec un stage à l’ENSCM. J'étais à l'époque en maîtrise de chimie organique à l'Université de Montpellier II. Je me souviens d'une période où nous avons manipulé des produits toxiques et malodorants (CS2, organostanniques...) sans la moindre précaution - ni lunettes, ni gants, ni hotte - mais en toute inconscience. On ne parlait alors quasiment pas des risques associés à ces produits. Je me suis engagé ensuite dans un DEA, puis dans une thèse dans un laboratoire de l'ENSCM. Durant cette période, j'ai été conduit à manipuler un grand nombre de solvants (toluène, méthanol, dichlorométhane...) toujours sans aucune précaution et "en toute innocence". Comment aurais-je pu avoir peur alors que ma directrice de thèse respirait à plein nez les produits que je synthétisais afin de les identifier ? Tout le laboratoire travaillait sans précaution : rotavapor, colonnes de chromatographie, reflux... aucun de ces montages n'était sous hotte et la salle de manipulation baignait en permanence dans les vapeurs de solvants. Nous avions une réserve de produits chimiques particulièrement vétuste. Un jour nous eûmes une visite de sécurité des pompiers. Pour éviter une interdiction de fonctionnement, la direction du laboratoire ne trouva rien de mieux que de cacher les produits chimiques de la réserve dans le jardin !
En 2000, après ma soutenance de thèse, j'ai obtenu un demi-poste d'ATER dans un laboratoire du nord de la France. C'est là que j'ai commencé à prendre conscience de la dangerosité des produits que je manipulais en lisant les fiches de sécurité : produits "toxiques" "très toxiques", "tératogènes " "cancérigènes classe 3" (prouvé) "cancérigène "classe 2b" (fortement suspectés)...En fait de danger, nous atteignions des sommets. Certains de mes collègues travaillaient avec des composés organophosphorés particulièrement toxiques et malodorants, si bien que certains jours nous devions évacuer les salles de travail où nous manipulions. Dans l'IUT où j'encadrais des TP, nous faisions travailler les étudiants avec du benzène (cancérigène prouvé) alors qu’aucune des hottes ne fonctionnait !
En 2002, quand j'ai obtenu un poste de MCF à l'UPMC j'ai donc décidé d'arrêter la chimie organique et de passer à la chimie inorganique. Certes, certains risques -en particulier celui des solvants- avaient disparu. Mais j'ai rencontré d'autres problèmes comme les salles de TP envahies par les vapeurs de d'acide fort ou de Cl2, les métaux lourds (Hg, Pb, Co, Cr ...) que les étudiants manipulent sans précautions ou les salles de recherche où les nanoparticules de CdS sont disséminées un peu partout.
Il faut aussi que je parle des cas, semble-il assez fréquents, de chimistes morts prématurément du cancer et des victimes d'accidents divers. Ainsi une de mes anciennes collègues qui a pris sa retraite récemment est atteinte d'un handicap assez lourd (disfonctionnement de la mémoire) qui serait la conséquence d'une forte absorption de mercure à la suite d'un accident de travail.
Mon témoignage peut certes paraître un peu noir, mais je n'ai rien absolument rien inventé. Pourtant, la recherche et l'enseignement en chimie sont utiles et le métier d’enseignant‑chercheur est passionnant. Mais il y a un manque de prise en compte de la sécurité dans les laboratoires. Nous n’appliquons pas certaines règles élémentaires de sécurité qui sont pourtant respectées dans de nombreuses entreprises privées. Je doit dire cependant qu’en 11 ans j'ai assisté à une prise de conscience partielle de ce problème.
Il ne s’agit pas ici de désigner des boucs émissaires : je pense que nous avons tous notre part de responsabilité. Il s'agit d'un mélange de fatalisme, d'ignorance, d'inconscience et parfois peut être aussi d'un peu de lâcheté et de cynisme. Je constate aussi qu’il y a plus largement un vrai déficit dans la formation des étudiants en chimie qui ne sont quasiment pas initiés aux problématiques d'environnement, de toxicologie, d'hygiène et de sécurité. Le problème vient aussi de ce que les effets néfastes des produits chimiques sont souvent à long terme et, partant, difficilement évaluables. On a donc tendance à s’accommoder au danger par habitude (un peu comme les fumeurs de cigarette). Qui n’a pas entendu des réflexions comme "il faut bien mourir de quelque chose" ou "on travaille avec des trop petites quantités pour qu'il y ait un danger" ?
Il y a bien sûr une responsabilité importante de l'Etat qui nous laisse croupir dans des conditions de travail déplorables en n'apportant pas les financements nécessaires. Mais il y aussi une certaine hypocrisie de notre part, car nous sommes souvent plus prêts à nous battre pour des appareillages très coûteux que pour avoir des hottes qui fonctionnent. En ce sens je pense que ce triste événement a au moins un avantage, car il nous met devant nos contradictions. En espérant que ceci contribue à améliorer les choses.
Le mouvement entrepris la semaine dernière se poursuit par une assemblée générale MARDI 6 MARS 13H30 bâtiment THEMIS (amphi a préciser).
La présence de TOUS les chimistes Doctorants, Techniciens, Stagiaires de Master, PERMANENTS, et post doctorants est indispensable!
Nous aborderons ensemble les actions à entreprendre: manifestations, banderoles sur les bâtiments, audience demandée a l'équipe présidentielle, et communication (presse?).
l'AG de cette après-midi aura finalement lieu en amphi Grignard, l'horaire est maintenu à 13h30
à tout à l'heure !
Commentaire n°12
posté par
Benjamin Bourdon
le 06/03/2007 à 09h04
Je vous souhaite bon courage et vous soutiens. Je suis étudiant en licence Bio, et je trouvais que nos labos n'étaient pas dans un super état, alors je n'ose pas imaginé les votres!!!!
Je pense que vous devriez tenter de faire signé une pétition si je n'ai déjà fais!!!
Encore bon courage
Commentaire n°13
posté par
Michel
le 07/03/2007 à 16h59
Salut, Aujourd\\\'hui j\\\'ai eu la visite de manifestants dans mon amphi et c\\\'est vrai que j\\\'avais entendu le problème par des collègues mais je ne pensais pas que cela était si important. (J’ai pas la TV) donc je tenais à vous dire de continuer votre manifestation car c\\\'est vraiment intolérable que de travailler dans ces conditions... Vous faites pourtant un boulo formidable et celui ci n\\\'est même pas récompensé par du bon matos...
j\\\'aimerai réagir aussi sur le commentaire un peu plus haut : je suis en l1 bio (je sors du bac) et pourtant je me souviens encore de mon premier cours de physique chimie en 5eme donc ça remonte a 1995-1996 (enfin par là quoi) où l\\\'on a appris à lire les consigne de sécurité, les logo "danger" sur les bouteilles de produits chimiques...et je savais déjà que les métaux lourd et le benzène, solvant ce genre de produits était dangereux...alors je comprend vraiment pas....
Commentaire n°14
posté par
robin
le 07/03/2007 à 18h47
Bravo à tous pour le Blog et toutes les autres actions entreprises!
En esperant que des solutions concrètes arrive rapidement
Courage a tous!
Commentaire n°15
posté par
Julie
le 08/03/2007 à 00h41
Mais qu'attendent les médias nationaux pour exposer la gravité de la situation de l'Université de Lyon et dénoncer les conditions de travail scandaleuses dans lesquelles se trouvent chercheurs, enseignants, ingénieurs, techniciens et étudiants! Il faut que les responsables de cette situation soient interpellés et s'expliquent devant toute la presse. Tout le monde doit savoir.
Commentaire n°16
posté par
Marcel FRANCOIS
le 08/03/2007 à 14h47
Bonjour,
je voudrai rebondir sur le commentaire de Sébastien Abramson que je connais par ailleurs très bien pour lui faire remarquer qu'à l'époque il ne faisait pas grand cas des notions de sécurité et que seul lui importait que sa recherche avance coute que coute. S'il avait consulté les MSDS des produits et solvants, il aurait pu mettre en place des moyens de protection adéquats.
Ceci étant dit, les conditions de travail étaient parfois limites et surtout l'ancienne génération de chercheurs avait plutôt tendance à se moquer des jeunes dès que l'on invoquait les problèmes de sécurité. Les choses ont quand même bien changé depuis une dizaine d'années.
Bonne continuation Sébastien, et bon courage à tous les humbles fourmis de la science et de la chimie.
Bon vent
Pascal
Commentaire n°17
posté par
Pascal
le 11/04/2007 à 11h06
C'est effectivement lamentable de travailler dans des labos dans cet état...et tellement vrai pour de nombreux autres labos...
A la fac de médecine ou je donnais des cours l'année dernière, on se croyait des fois dans une unité de recherche soviétique....
Dans les labos de biologie ce n'est pas vraiment mieux..
Bon courage pour obtenir des € et en espérant que ca ne traine pas trop pour ne pas pénaliser les étudiants!
on attends des réponses !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
En espérant que l'AG de lundi prochain répondra à nos questions.
Bravo pour le blog!
j espere que vous obtiendrez de l argent car il est vital pour nous chimistes de travailler dans des bonnes conditions. Je suis un ancien stagiaire de votre UMR et en ce moment j effectue ma these dans une universite du nord de l europe... Ayant fait tout mon cursus de chimie a lyon je ne savais pas en arrivant en Ecosse qu un labo ne sentait pas forcement l odeur des solvants de facon residuelle (et ce n est pas parce qu on est jamais a la paillasse!!). Que l etat n a pas les moyens de nous acheter la derniere chromatographie preparative ou rmn disponible sur le marche d accord mais qu il joue avec notre sante... c est lamentable. je suis fiere de dire que je suis un produit de la chimie lyonnaise alors dirigeants qui detiennent les euros... ne soyez pas radin merci!!!
Très bonne idée que ce blog, pour faire passer la nouvelle. Votre situation est plutôt hallucinante et j'espère que ça bougera dans le bon sens =/ Au niveau de la chimie sur Strasbourg, on n'a pas ces soucis, différences de politique au niveau de la getion j'imagine, et lire ce genre de nouvelles me fait sentir assez chanceux...
Courage à vous!
Comme il est utilisé dans l'introduction, l'immobilisme est le mot qui explique le mieux la cause réelle du désarroi dans lequel se retrouvent l'ensemble des chimistes (permanents et étudiants) de Lyon 1.
Comme vous l'avez lu peut être sur un autre blog, eh bien les permanents n'ont jamais rien dit car ils tiennent à leur place, les thésards à leur thèse (il est déjà difficile d'en trouver une, alors n'allons pas gacher les trois ans dont ils disposent pour fournir un travail conséquent), et les stagiaires n'ont malheureusement aucun poids.
Cependant, tout le monde connaissait l'état des batiments (sans avoir besoin d'un cabinet d'expertise), certains ont essayé de se faire entendre à différents niveaux, mais ils n'ont malheureusement pas eu le soutien qui aurait fait bouger les choses depuis quelques années (quand on ne leur a pas demander de se taire....).
Ajouter à celà que nous n'avons eu des informations qu'aujourd'hui, soit presque une semaine d'attente, et encore, ces informations ne résolvent pas la situation incertaine dans laquelle nous sommes tous. Certes, les batiments vont subir un état des lieux approfondis, mais que va-t-on faire des gens qui y travaillent (travaillaient ?) : ça n'aurait aucun sens de faire reprendre le travail dans des conditions identiques, mais alors ? L'université aurait-elle le luxe de financer d'un côté des loyers (qui devraient être exhorbitants d'ailleurs) et de l'autre financer la rénovation que tout le monde espère ? Non, un simple bricolage (c'est à dire des sorties par l'extérieur) ne serait pas la meilleure solution : ça ne ferait que retarder le problème : l'ensemble des structures est à revoir (si on prend le temps de lire en détail les conclusions des rapports) : oui, il est dit qu'une rénovation en l'état est difficilement envisageable. De plus, elle engendrerait des coûts qui pourraient être à mon avis mieux utilisés si une solution sérieuse et globale (et surtout à long terme) était choisie. Mais on en revient toujours au même : et alors, que vont faire les chimistes en attendant ? Les financement dont disposent les thésards sont des CDD, certains par des organismes extérieurs qui ne vont pas gentiment payer dans le vent en attendant que tout le monde soit recasé.
Alors nous espérons tous avoir des réponses concrètes lundi, alors on va être naïf et croire ce qu'on nous dit, mais je doute qu'on soit plus avancé alors...
Je profite de cet espace de communication pour jeter un pavé dans la mare.
Il me semble que l'heure est aussi à l'autocritique. Comment en est on arrivé à cette situation? Quels en sont les responsables? Comment se fait il, qu'il faille attendre que ce soit la présidence de l'université qui prenne une telle décision? C'est trop facile de dire que c'est la faute aux autres.
Il apparait que les chefs d'équipe et directeurs d'UMR sont en partie aussi responsables de cette situation, car ils n'ont pas pris la décision de protéger leur personnel bien avant. De manière générale, des gens qui se disent responsable doivent se préoccuper, avant toute chose, de la sécurité du personnel qui travaille pour eux et le manque de moyens financiers n'a jamais été une raison valable pour outrepasser les règles élémentaires de sécurité (et encore moins devant un tribunal).
L'état déplorable des bâtiments date depuis des années. Alors, on peut se dire pourquoi changer les choses? Finalement, on peut continuer à travailler dans ces conditions, c'était comme cela avant.
Ceci est une attitude d'irresponsables, ou alors, de personnes qui ne pensent qu'a leur propre carrière. Les gens manipulent dans de dangereuses conditions, mais les publications sont là, surtout pour ceux que ne sont pas dans les laboratoires.
La société change, les lois sur la sécurité évoluent aussi, alors pourquoi les conditions de travail ne changeraient elles pas dans les laboratoires de chimie?
Tout cela pour dire qu'il ne faudrait pas que la montagne accouche d'une petite souris: il faut que les choses changent vraiment, une bonne fois pour toute.
Après quelques semaines d'attente, j'ai bien peur que la solidarité de façade des chimistes ne s'effrite pour que chacun règle son problème dans son coin, ou retourne à son travail en se disant que finalement, ses expériences sont moins toxiques ou moins dangereuses que celles de son voisin, et que finalement, il n'y a pas de raison pour qu'on arrête de travailler.
Dernière précision, même l'introduction de ce blog me semble de l'aveuglement. Sans les guerres internes, Lyon aurait déjà depuis longtemps son véritable institut de chimie organique avec de nouveaux locaux, comme cela est déjà le cas dans plusieurs autres villes de France (preuve que cela est possible).
Merci
Bon courage pour la suite…
Il fallait avoir le courage de le dire clairement...
alors passons nous aussi sur les mesures surréalistes de déménagements chez des partenaires industriels ou publics qui ne sont meme pas tous au courant...
passons aussi sur les propositions de mutualisation des 5eme ce qui a du ravir leurs occupants et pose de sacrés pbs pour leurs manips "lourdes" indéplaçables...
je ne passerais par contre pas sur leur glorification de réactivité !
suite à plusieurs signaux d'alarmes tirés par les occupants du 3eme étage Raulin, 2 bureaux ont été fermés pour cause d'odeurs suspectes... des capteurs ont été placés et on a fait arreter certaines manips "suspectées" du batiment...
puis on a fermé le demi étage (le jour de la visite de Segolène Royal dans le demi étage encore ouvert, ca le fait) puis l'etage entier (entre le 1er et le 8 Mai 2006)
résultat : RIEN !
beacoup de pics mais pas de trace d'un quelconque produit majoritaire ou supposé toxique
y a fort à parier que les analyses d'air actuellement en cours vont reveler la meme chose !
mais au final on cherche quoi ?
si on suppose la presence d'un produit dans l'air, pourquoi autoriser l'acces aux locaux au personne ?
en cas de doute, on ferme, on ventile, on prélève et on equipe convenablement de masques les gens qui ont à y pénétrer !
evidement qu'on ne trouvera rien !
sinon imaginez la plainte qui serait déposée par le personnel des étages en question... mise en danger ? empoisonnement ?
la fermeture de mai dernier suffit à prouver que la présidence etait au courant, et on sait désormais que les produits mis en cause à l'époque proviennent du batiment tout entier !
et ensuite ?
quand j'irais creuser joyeusement ma tombe et le trou de la sécu avec un éniemme cancer professionnel, j'espère au moins qu'on evitera de mettre du parfum artificiel bien chimique sur les fleurs de ma courronne en plastique...
et dire que je voulais juste changer le monde...
L' AG d'hier nous a confirmé que nous (les thésards) ne sommes absolument pas une priorité pour l'équipe présidentielle!!
Les solutions proposés sont irréalistes :
-la mutualisation du dernier étage permettra de faire redémarrer moins de 10% des manips (si tt le monde arrive à s'arranger et j'en doute) et ce dans une dizaine de mois au mieux!!
-le déménagement de certaines manips vers l'IUT et Grignard n'amenera pas plus de sécurité
-le déménagement vers l'IRC serait minuscule (il n'y a pas bcp de place là bas non plus)
-seul le déménagement dans des locaux industriels est (à mon avis) une solution envisageable et encore, à condition d'avoir les moyens et c'est pas gagné!!
Ceci pour dire que, meme si la durée des thèses est de trois ans pour presque tt le monde, on va perdre au moins un an de manip. (certainement plus), la prolongation des contrats de quelques mois est loin d'être automatique (en tout cas certainement pas pour tout le monde).
Et encore, je ne suis pas le plus à plaindre, mes collègues de 2ème année sont dans une situation bien pire!!!
Donc nous allons nous retrouver sur le marché du travail avec une thèse complètement dévalorisée (si on peut la terminer) mais bon, ce n'est pas une priorité.....
Je voudrais profiter de l'ouverture de ce blog pour apporter mon témoignage et faire part de mes réflexions sur les problèmes de sécurité dans les laboratoires universitaires de chimie.
Cela fait maintenant 11 ans que travaille dans ce milieu professionnel. J'ai commencé en 1995 avec un stage à l’ENSCM. J'étais à l'époque en maîtrise de chimie organique à l'Université de Montpellier II. Je me souviens d'une période où nous avons manipulé des produits toxiques et malodorants (CS2, organostanniques...) sans la moindre précaution - ni lunettes, ni gants, ni hotte - mais en toute inconscience. On ne parlait alors quasiment pas des risques associés à ces produits. Je me suis engagé ensuite dans un DEA, puis dans une thèse dans un laboratoire de l'ENSCM. Durant cette période, j'ai été conduit à manipuler un grand nombre de solvants (toluène, méthanol, dichlorométhane...) toujours sans aucune précaution et "en toute innocence". Comment aurais-je pu avoir peur alors que ma directrice de thèse respirait à plein nez les produits que je synthétisais afin de les identifier ? Tout le laboratoire travaillait sans précaution : rotavapor, colonnes de chromatographie, reflux... aucun de ces montages n'était sous hotte et la salle de manipulation baignait en permanence dans les vapeurs de solvants. Nous avions une réserve de produits chimiques particulièrement vétuste. Un jour nous eûmes une visite de sécurité des pompiers. Pour éviter une interdiction de fonctionnement, la direction du laboratoire ne trouva rien de mieux que de cacher les produits chimiques de la réserve dans le jardin !
En 2000, après ma soutenance de thèse, j'ai obtenu un demi-poste d'ATER dans un laboratoire du nord de la France. C'est là que j'ai commencé à prendre conscience de la dangerosité des produits que je manipulais en lisant les fiches de sécurité : produits "toxiques" "très toxiques", "tératogènes " "cancérigènes classe 3" (prouvé) "cancérigène "classe 2b" (fortement suspectés)... En fait de danger, nous atteignions des sommets. Certains de mes collègues travaillaient avec des composés organophosphorés particulièrement toxiques et malodorants, si bien que certains jours nous devions évacuer les salles de travail où nous manipulions. Dans l'IUT où j'encadrais des TP, nous faisions travailler les étudiants avec du benzène (cancérigène prouvé) alors qu’aucune des hottes ne fonctionnait !
En 2002, quand j'ai obtenu un poste de MCF à l'UPMC j'ai donc décidé d'arrêter la chimie organique et de passer à la chimie inorganique. Certes, certains risques -en particulier celui des solvants- avaient disparu. Mais j'ai rencontré d'autres problèmes comme les salles de TP envahies par les vapeurs de d'acide fort ou de Cl2, les métaux lourds (Hg, Pb, Co, Cr ...) que les étudiants manipulent sans précautions ou les salles de recherche où les nanoparticules de CdS sont disséminées un peu partout.
Il faut aussi que je parle des cas, semble-il assez fréquents, de chimistes morts prématurément du cancer et des victimes d'accidents divers. Ainsi une de mes anciennes collègues qui a pris sa retraite récemment est atteinte d'un handicap assez lourd (disfonctionnement de la mémoire) qui serait la conséquence d'une forte absorption de mercure à la suite d'un accident de travail.
Mon témoignage peut certes paraître un peu noir, mais je n'ai rien absolument rien inventé. Pourtant, la recherche et l'enseignement en chimie sont utiles et le métier d’enseignant‑chercheur est passionnant. Mais il y a un manque de prise en compte de la sécurité dans les laboratoires. Nous n’appliquons pas certaines règles élémentaires de sécurité qui sont pourtant respectées dans de nombreuses entreprises privées. Je doit dire cependant qu’en 11 ans j'ai assisté à une prise de conscience partielle de ce problème.
Il ne s’agit pas ici de désigner des boucs émissaires : je pense que nous avons tous notre part de responsabilité. Il s'agit d'un mélange de fatalisme, d'ignorance, d'inconscience et parfois peut être aussi d'un peu de lâcheté et de cynisme. Je constate aussi qu’il y a plus largement un vrai déficit dans la formation des étudiants en chimie qui ne sont quasiment pas initiés aux problématiques d'environnement, de toxicologie, d'hygiène et de sécurité. Le problème vient aussi de ce que les effets néfastes des produits chimiques sont souvent à long terme et, partant, difficilement évaluables. On a donc tendance à s’accommoder au danger par habitude (un peu comme les fumeurs de cigarette). Qui n’a pas entendu des réflexions comme "il faut bien mourir de quelque chose" ou "on travaille avec des trop petites quantités pour qu'il y ait un danger" ?
Il y a bien sûr une responsabilité importante de l'Etat qui nous laisse croupir dans des conditions de travail déplorables en n'apportant pas les financements nécessaires. Mais il y aussi une certaine hypocrisie de notre part, car nous sommes souvent plus prêts à nous battre pour des appareillages très coûteux que pour avoir des hottes qui fonctionnent. En ce sens je pense que ce triste événement a au moins un avantage, car il nous met devant nos contradictions. En espérant que ceci contribue à améliorer les choses.
l'AG de cette après-midi aura finalement lieu en amphi Grignard, l'horaire est maintenu à 13h30
à tout à l'heure !
Je vous souhaite bon courage et vous soutiens. Je suis étudiant en licence Bio, et je trouvais que nos labos n'étaient pas dans un super état, alors je n'ose pas imaginé les votres!!!!
Je pense que vous devriez tenter de faire signé une pétition si je n'ai déjà fais!!!
Encore bon courage
Salut,
Aujourd\\\'hui j\\\'ai eu la visite de manifestants dans mon amphi et c\\\'est vrai que j\\\'avais entendu le problème par des collègues mais je ne pensais pas que cela était si important. (J’ai pas la TV)
donc je tenais à vous dire de continuer votre manifestation car c\\\'est vraiment intolérable que de travailler dans ces conditions...
Vous faites pourtant un boulo formidable et celui ci n\\\'est même pas récompensé par du bon matos...
j\\\'aimerai réagir aussi sur le commentaire un peu plus haut : je suis en l1 bio (je sors du bac) et pourtant je me souviens encore de mon premier cours de physique chimie en 5eme donc ça remonte a 1995-1996 (enfin par là quoi) où l\\\'on a appris à lire les consigne de sécurité, les logo "danger" sur les bouteilles de produits chimiques...et je savais déjà que les métaux lourd et le benzène, solvant ce genre de produits était dangereux...alors je comprend vraiment pas....
Bravo à tous pour le Blog et toutes les autres actions entreprises!
En esperant que des solutions concrètes arrive rapidement
Courage a tous!
Mais qu'attendent les médias nationaux pour exposer la gravité de la situation de l'Université de Lyon et dénoncer les conditions de travail scandaleuses dans lesquelles se trouvent chercheurs, enseignants, ingénieurs, techniciens et étudiants! Il faut que les responsables de cette situation soient interpellés et s'expliquent devant toute la presse. Tout le monde doit savoir.
Bonjour,
je voudrai rebondir sur le commentaire de Sébastien Abramson que je connais par ailleurs très bien pour lui faire remarquer qu'à l'époque il ne faisait pas grand cas des notions de sécurité et que seul lui importait que sa recherche avance coute que coute. S'il avait consulté les MSDS des produits et solvants, il aurait pu mettre en place des moyens de protection adéquats.
Ceci étant dit, les conditions de travail étaient parfois limites et surtout l'ancienne génération de chercheurs avait plutôt tendance à se moquer des jeunes dès que l'on invoquait les problèmes de sécurité. Les choses ont quand même bien changé depuis une dizaine d'années.
Bonne continuation Sébastien, et bon courage à tous les humbles fourmis de la science et de la chimie.
Bon vent
Pascal